La Commission de Surveillance des Jeux de l’île de Man (GSC) a annoncé qu’elle envisage désormais d’imposer des amendes civiles à ceux qui enfreignent les réglementations de lutte contre le blanchiment d’argent (AML). Cette décision fait suite aux amendements de la section 22 de la loi sur les jeux d’argent (Lutte Contre le Blanchiment d’Argent et le Financement du Terrorisme) de 2018, introduits par le projet de loi sur les jeux de hasard (Amendement) de 2025.
Actuellement, les amendes civiles ne peuvent être appliquées qu’aux opérateurs, mais il semble que la GSC cherche à étendre cette possibilité et demande l’opinion des parties prenantes de l’industrie via une consultation publique. Le projet de loi de 2025 élargit ce pouvoir pour permettre l’imposition d’une amende civile à certaines personnes, notamment les « contrôleurs », les « personnes clés » et les « cadres supérieurs », lorsque la violation par l’opérateur est attribuable au consentement, à la connivence ou à la négligence de ces individus.
Les règlements proposés s’articulent autour de trois axes principaux : le montant maximum de l’amende qui pourrait être infligée aux individus ou opérateurs ; les facteurs à considérer pour déterminer le montant de l’amende ; et le processus à suivre pour infliger l’amende, incluant les exigences de notification et d’appel. Des orientations précisent comment le régulateur de l’île de Man appliquera ce pouvoir élargi, en évaluant notamment la responsabilité individuelle et en fournissant des exemples de consentement, de connivence et de négligence.
La consultation de la GSC a débuté le 23 mars et se poursuivra jusqu’au 25 mai 2026. Une session de questions-réponses en ligne sera organisée par la GSC pour aider les parties prenantes à comprendre les réglementations proposées et pour permettre une discussion plus approfondie. Les détails de cette session seront publiés par le régulateur en temps voulu.
À l’issue de la consultation, un document récapitulatif sera publié par la GSC, résumant les réponses reçues et notant les éventuelles modifications des règlements et directives. Plusieurs entreprises, dont Maverick Games, SBOTOP et SK IOM Limited, ont été sanctionnées par la GSC pour violations AML au cours de l’année écoulée. Shelgeyr Limited (Maverick Games) a été condamné à une amende de 200 000 £ en février, Celton Manx Limited (SBOTOP) à 3,94 millions £ en juillet de l’année dernière, tandis que SK IOM a payé 70 000 £ en juin 2025.
Cette démarche de la GSC s’inscrit dans un contexte où les régulateurs du monde entier renforcent leur vigilance face aux tentatives de blanchiment d’argent, un phénomène qui ne cesse de croître et de se complexifier. Les entreprises opérant dans le secteur des jeux d’argent en ligne sont particulièrement surveillées en raison des importantes sommes d’argent qui y circulent quotidiennement. Une voix dans l’industrie note que ce genre d’initiatives pourrait bien pousser les entreprises à revoir leurs politiques internes : « Il est crucial que tous les niveaux de l’organisation comprennent l’importance de la conformité réglementaire ; ce n’est pas juste une question d’éviter des amendes, mais de protéger l’intégrité du marché. »
Cependant, certains observateurs se demandent si cette politique de sanctions renforcerait réellement la conformité ou si elle ne risquerait pas plutôt de créer une atmosphère de méfiance entre le régulateur et les opérateurs. Un autre point de vue pourrait souligner que ces amendes pourraient être perçues comme une double peine pour les entreprises qui ont déjà mis en place des systèmes de conformité coûteux mais qui se trouvent encore en infraction en raison de quelques défaillances humaines ou techniques isolées.
Dans ce climat de tension, les entreprises doivent donc se préparer à des contrôles encore plus rigoureux et à des sanctions potentielles pour les dirigeants eux-mêmes, ce qui pourrait transformer la manière dont les responsabilités sont gérées au sein des organisations. Une chose est sûre, les prochains mois seront décisifs pour l’industrie du jeu à l’île de Man, alors que les parties prenantes attendent de voir comment ces nouvelles réglementations seront mises en œuvre et quelles seront les implications pour leurs opérations quotidiennes.
