Le gouvernement des Philippines a mis en place un ensemble de règles unifiées visant à aider les autorités à appliquer l’interdiction nationale des opérateurs de jeux d’argent offshore (POGO).
Les Procédures Opérationnelles Standard (SOP) concernant l’application de l’interdiction des POGO ont été signées par le Secrétaire Exécutif Ralph Recto lors d’une cérémonie à Manille. Ces SOP sont destinées à renforcer la coordination inter-agences et à fournir des outils juridiques supplémentaires.
Ces SOP unifient deux ordres d’interdiction des POGO ainsi que 15 autres lois et ordres ministériels en un plan d’action unique. Recto a déclaré : « Ces SOP vont faire évoluer notre approche, passant de la simple fermeture des centres à la préservation des actifs, la saisie des ressources illicites, l’obtention de condamnations, la protection des victimes et l’exclusion de ces entreprises criminelles des réseaux financiers et d’entreprises qui les soutiennent. »
Les Philippines ont cessé d’accorder des licences pour les opérations POGO en juillet 2024 après l’annonce du président Ferdinand Marcos lors de son discours sur l’état de la nation de 2024, interdisant ces opérations en raison de leurs liens avec des activités criminelles. À l’époque, il soulignait que ces opérateurs s’étaient aventurés dans des domaines illicites au-delà des jeux, tels que l’escroquerie financière, le blanchiment d’argent, la prostitution, la traite d’êtres humains, les enlèvements, la torture brutale et même le meurtre. Une date limite à la fin de 2024 avait été fixée pour la fermeture de ces opérations.
Cependant, ce n’est que ce mois-ci que les autorités philippines ont déclaré que le pays avait complètement éliminé les derniers vestiges des opérateurs offshore. Lors de la signature de la déclaration, Recto a décrit les POGO comme « un fléau en évolution constante, parfaitement capable de réapparaître à moins que le gouvernement ne reste vigilant, coordonné et inflexible ».
La Commission Présidentielle de Lutte contre le Crime Organisé (PAOCC) est chargée de mener l’application de l’interdiction des POGO, avec l’aide du Ministère de la Justice, du Conseil Anti-Blanchiment d’Argent et de la Commission des Valeurs Mobilières. Ces deux dernières organisations traiteront les renseignements financiers et d’entreprises liés aux produits des activités illicites des POGO.
Le Ministère du Développement Social et du Bien-être fournira également une assistance aux victimes des POGO à travers la protection des témoins et le soutien aux personnes victimes de traite identifiées comme travaillant dans ces opérations.
Recto a salué les SOP comme garantissant que les lois contre les POGO ne sont pas des « instruments émoussés » sans impact réel. Au contraire, il a affirmé qu’elles seront des outils « précis et sophistiqués, capables de démanteler complètement les opérations POGO illégales et de traduire en justice tous ceux qui les dirigent ».
En novembre 2025, la PAOCC a déclaré qu’elle poursuivait encore des membres de réseaux POGO démantelés et supervisait 55 affaires liées aux opérations interdites. « La PAOCC reste persistante dans la quête de justice pour les victimes qui ont enduré la détention, les menaces et l’exploitation à l’intérieur du complexe », a déclaré l’organisation à l’époque. « Ces individus n’étaient pas de simples figures dans une enquête – ils étaient des êtres humains dont la dignité a été violée, et dont les histoires, le courage et la coopération ont rendu cette victoire possible. »
Au cœur de la lutte contre les POGO, le défi reste immense. D’un côté, l’engagement du gouvernement philippin à éradiquer les POGO est visible à travers la mise en œuvre rigoureuse des SOP. De l’autre, certains critiques estiment que l’interdiction pourrait entraîner une augmentation des opérations clandestines, échappant ainsi à toute régulation et supervision. Une opinion exprimée par certains observateurs du marché est que sans une surveillance adéquate, ces activités peuvent simplement se déplacer sous terre, rendant les efforts de répression encore plus complexes. Le débat continue donc de faire rage sur l’efficacité réelle de telles mesures drastiques versus la nécessité d’un cadre réglementaire plus nuancé pour gérer les risques liés aux jeux d’argent offshore.
La communauté internationale observe attentivement les développements aux Philippines, car le succès ou l’échec de cette interdiction pourrait servir de modèle pour d’autres pays confrontés à des défis similaires liés aux opérateurs de jeux offshore. Ainsi, l’avenir de l’industrie du jeu aux Philippines demeure incertain, alors que le pays navigue entre l’application stricte de ses lois et les réalités économiques d’un secteur en constante évolution.
