En avril 2026, le Groupe parlementaire multipartite sur la réforme des jeux de hasard (GRAPPG) et les Pairs pour la réforme des jeux de hasard (PGR) ont mis en lumière l’influence néfaste des streamers promouvant des opérateurs non réglementés sur les jeunes générations. Ces organisations affirment que les efforts actuels pour interdire le parrainage sportif par des opérateurs non autorisés pourraient bientôt aboutir, dans un contexte où les appels à une réglementation plus stricte des jeux de hasard se multiplient.
La pression accrue sur les entreprises réglementées pousse les opérateurs de taille moyenne et petite à réévaluer leur stratégie sur le marché britannique, créant ainsi une opportunité pour les opérateurs non réglementés de s’emparer d’une partie du marché. Un des vecteurs majeurs de ce phénomène est l’utilisation des streamers et influenceurs pour attirer un public jeune.
La fermeture de cette voie d’accès aux jeunes joueurs débutants est cruciale, car ils représentent une population de plus en plus vulnérable risquant de passer entre les mailles du filet du marché réglementé. Le GRAPPG et le PGR reconnaissent l’impact du marché noir au Royaume-Uni, mais craignent que leurs recommandations n’agrandissent le fossé entre les opérateurs de niveau inférieur et le marché britannique.
Les deux organisations ont souligné : « La croissance de la publicité par les opérateurs du marché noir et gris nécessite une attention sérieuse, mais pas au détriment des actions contre les opérateurs agréés. » Elles insistent sur l’importance d’une exploitation sûre et responsable par les entreprises réglementées, tout en prônant une action coordonnée contre le marché noir, malgré sa nature plus complexe.
Dans ce contexte, la nécessité d’un équilibre est primordiale. L’application plus stricte des règles et l’approche rigide de conformité diminuent la capacité des opérateurs de taille moyenne à attirer des joueurs, ouvrant ainsi la voie au marché noir opportuniste. Le gouvernement, par l’intermédiaire de la ministre des Jeux de hasard, la baronne Twycross, a souligné les dangers du marketing illégal, en particulier pour les enfants et les personnes vulnérables.
Cependant, mettre l’accent sur les opérateurs illégaux pourrait détourner l’attention des problèmes bien documentés dans le secteur réglementé. « Une approche équilibrée est essentielle pour que les efforts visant à lutter contre l’activité non autorisée ne se fassent pas au détriment de la résolution des problèmes systémiques présents dans le marché réglementé. »
Bien que le régulateur ait récemment intensifié ses efforts contre le marché noir, aucune mesure d’application efficace n’a encore été mise en œuvre. Sans action concrète, les mesures contre le secteur réglementé avantagent les opérateurs non autorisés. Ces derniers ont profité des nouvelles habitudes numériques des jeunes, avec peu de respect pour leur âge ou leur risque de dépendance au jeu.
Les méthodes pour contrer la présence nuisible des opérateurs non autorisés sur les réseaux sociaux sont quasiment inexistantes, malgré quelques restrictions auto-imposées par les plateformes. Le groupe a critiqué l’approche de l’Advertising Standards Authority (ASA), indiquant : « Le marketing de contenu et la promotion par les influenceurs représentent désormais une part importante de la publicité, mais les organismes de réglementation tels que l’ASA ont échoué à appliquer efficacement les codes existants. »
Face à une augmentation des taux d’imposition, les stratégies marketing des opérateurs réglementés se réduisent rapidement. Cependant, les recommandations des groupes vont encore plus loin en proposant de stopper complètement toute présence marketing du secteur agréé. Cela pourrait entraîner des conséquences désastreuses, le marché noir continuant à influencer la consommation numérique des jeunes, fortement connectés à leurs téléphones et influencés par les activités des influenceurs.
Dans ce débat, l’équilibre est vital. Le secteur réglementé est souvent perçu comme jouant la carte du marché noir à chaque nouvelle proposition de réglementation, ce qui le rend facilement négligé par ceux peu informés de son impact. Cependant, le danger est grave pour les plus vulnérables, et le déséquilibre croissant au Royaume-Uni ne fait qu’accroître ce risque.
