Les autorités d’Eswatini, un pays d’Afrique australe, se trouvent contraintes de chercher un nouveau lieu pour un procès en raison de l’ampleur d’un réseau de jeu illégal découvert sur le territoire.
Au cours du mois dernier, la Police Royale d’Eswatini a arrêté 146 ressortissants étrangers, accusés de gérer un réseau de jeux d’argent en ligne et une opération frauduleuse. Cette opération a mis en lumière l’insuffisance du tribunal de Mbabane, où les premières audiences ont eu lieu. Le tribunal étant trop petit pour accueillir les nombreux soutiens des accusés, ces derniers ont dû rester à l’extérieur. Face à cette situation, le chef de la défense a demandé si un nouveau lieu serait trouvé.
La magistrate principale, Fikile Nhlabatsi, en charge des audiences, a proposé que le procès se déroule dans une salle d’audience plus spacieuse en Eswatini. Elle a également suggéré que les accusés hommes et femmes soient amenés séparément pour faciliter la logistique.
Parmi les 146 personnes arrêtées, la majorité vient d’Asie, notamment de Chine, des Philippines, de Malaisie et de Taïwan. Un petit nombre de suspects proviennent également du Brésil. Presque tous les accusés sont soupçonnés d’être entrés illégalement dans le pays, et il est probable que leurs opérations visaient des victimes en dehors d’Eswatini.
Lors des perquisitions, qui ont principalement eu lieu dans des hôtels disséminés en Eswatini, la police a découvert que des chambres avaient été transformées en centres d’appels et postes de travail de fortune, équipés d’ordinateurs et d’appareils mobiles. Dans certains cas, une chambre d’hôtel avait même été aménagée pour ressembler à un poste de police, dans le but de convaincre les victimes qu’elles étaient en contact avec des autorités légitimes.
Ces procédures pénales en Eswatini révèlent une expansion significative des opérations frauduleuses qui, associées aux casinos, continuent de susciter des inquiétudes à travers l’Asie du Sud-Est. Notamment, le gouvernement cambodgien est sous pression pour répondre aux préoccupations selon lesquelles le pays est devenu un centre de telles activités. Amnesty International, une organisation de défense des droits de l’homme, a accusé les législateurs cambodgiens de fermer les yeux sur une série d’abus liés à des complexes identifiés par l’organisation.
Un rapport publié en juin 2025 par Amnesty International a recensé 53 complexes de fraude, dont plus de la moitié étaient liés à des casinos. Les gangs réutilisent souvent d’anciens casinos et hôtels pour mener leurs opérations frauduleuses. Plus récemment, Amnesty a signalé que 12 casinos, approuvés par la Commission de Gestion du Jeu Commercial du Cambodge entre décembre 2025 et janvier 2026, fonctionnaient comme des centres de fraude où des abus présumés ont été documentés.
Le procès des 146 détenus en Eswatini débutera le 12 juin. Les autorités espèrent que ce procès mettra en lumière l’ampleur des réseaux criminels et dissuadera de futures opérations similaires.
D’un autre côté, certains estiment que la répression ne suffira pas à elle seule à résoudre le problème. Une voix s’est élevée pour dire que ces réseaux sophistiqués continueront de se multiplier à moins de s’attaquer aux causes profondes, notamment la pauvreté et le manque d’opportunités économiques dans certaines régions d’Asie. Une approche plus globale, impliquant une coopération internationale renforcée et des stratégies de développement économique, pourrait s’avérer nécessaire.
Les débats continuent donc de faire rage entre ceux qui prônent une approche rigoureuse de la part des forces de l’ordre et ceux qui appellent à des solutions plus structurelles afin de limiter l’essor de ces activités illicites.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
