Le 22 juillet 2026, la Gambling Commission (GC) du Royaume-Uni a été critiquée pour sa mise en œuvre des vérifications d’accessibilité financière, perçue par certains comme ignorant les recherches préalables. Peter Marcus, ancien responsable mondial des opérations de jeu chez Entain, a révélé avoir participé aux premières phases de cette nouvelle approche et a déclaré qu’il était évident que ces mesures étaient inapplicables.
Depuis le départ d’Andrew Rhodes, ancien directeur général de la GC, Marcus estime que la Commission a cessé de prendre en compte les avis de l’industrie et les études existantes, avançant aveuglément malgré les conséquences possibles. Selon lui, sous la direction de Rhodes, une compréhension des risques liés aux vérifications d’accessibilité était présente. Désormais, il pense que deux ans de recherche ont été vains, car la Commission a avancé sans tenir compte des résultats.
Marcus soutient l’idée de restreindre l’accès au jeu pour ceux qui ne peuvent se le permettre, mais il propose des alternatives plus efficaces, telles que les méthodes d’Experian, qui incluent l’examen des défauts de paiement hypothécaires ou de cartes de crédit. Pour lui, c’était la solution appropriée. Il exhorte la GC à limiter les joueurs montrant des difficultés financières en les contraignant à fournir des documents s’ils souhaitent continuer à jouer.
La Commission, en réponse aux craintes liées à l’impact des vérifications, a précisé qu’elles ne concerneraient que 0,3 % des clients. Cependant, Marcus considère cela comme sans pertinence, soulignant que la plupart des clients ne misent que 10 £ par mois. Il affirme que l’industrie s’appuie principalement sur les gros parieurs, dont provient une grande partie des revenus, et prévient que la demande de documents pourrait pousser davantage de joueurs vers le marché noir.
Pour Marcus, cette situation reflète un problème plus large au sein de la GC, qui, selon lui, est revenue à de vieux comportements malgré des améliorations passées. Il a toutefois salué ceux qui ont divulgué des éléments de recherche, permettant à l’industrie de voir que des preuves ont été ignorées.
Marcus a également loué Rhodes et Kate Perry, mais a rappelé que des voix anti-jeu étaient très présentes au sein de la Commission. Il a averti que la situation pourrait évoluer comme en Allemagne, où environ 60 % du jeu en ligne se font sur le marché noir, une issue que le Royaume-Uni devrait éviter.
En l’absence de leadership clair, Marcus s’inquiète de la capacité de la GC à mettre en place des changements majeurs sans directeur général en poste. Il se demande comment une telle politique peut être introduite sans une figure de proue pour en assumer la responsabilité. Selon lui, une grande entreprise ne prendrait pas de décisions cruciales avec un PDG par intérim, alors comment la GC peut-elle le faire?
Les opérateurs de taille moyenne et les plus petits pourraient subir les conséquences de ces politiques, Marcus avertissant que cela pourrait leur poser problème. Il pense que l’industrie est accablée par des réglementations excessives et se demande combien de temps cela pourra continuer ainsi.
Le Betting and Gaming Council (BGC) a réagi aux potentielles conséquences négatives des vérifications d’accessibilité. Grainne Hurst, directrice générale du BGC, a exprimé une « profonde déception » face à cette mise en œuvre. Elle critique le manque de fiabilité et de cohérence des données utilisées pour ces vérifications, ce qui pourrait conduire à des interventions réglementaires mal fondées.
Selon Hurst, le pilote des vérifications a révélé des incohérences dans les informations des agences de référence de crédit, ce qui pourrait à tort identifier certains clients comme vulnérables financièrement. Elle suggère que la Commission n’a pas encore publié une évaluation complète de ce pilote, privant ainsi l’industrie et le public des éléments nécessaires pour justifier ces nouvelles mesures.
Elle conclut que les vérifications ne peuvent être qualifiées de fluides si elles entraînent des résultats peu fiables, des restrictions de compte inutiles, ou si elles exigent des clients qu’ils fournissent des documents ou des informations bancaires.
Dans ce débat, la nécessité d’une approche équilibrée est mise en avant, avec un accent sur la protection des joueurs vulnérables sans imposer des restrictions trop lourdes sur l’industrie du jeu. La discussion continue autour de la meilleure manière d’atteindre cet équilibre, tout en soulignant l’importance de recherches et de données solides pour soutenir toute décision réglementaire future.
