Le 29 décembre 2025, Aktiebolaget Trav och Galopp (ATG) a exhorté le ministère des Finances suédois à rejeter l’introduction d’un « régime fiscal différencié pour les jeux d’argent ». Cette proposition a été initialement rejetée par treize des plus grands opérateurs de jeux suédois, après l’envoi d’une lettre à la Ministre des Finances, Elisabeth Svantesson, et à son adjoint Niklas Wykman, sous l’égide de la Swedish Trade Association for Online Gambling (BOS).
BOS s’insurge contre la proposition de l’ATG d’aligner la taxation des paris hippiques sur celle des autres jeux de casino à 26%, alors qu’elle est actuellement de 18%. Ils estiment que ces plans auraient un impact économique négatif. ATG s’appuie sur les récentes réformes fiscales du gouvernement travailliste britannique — qui ont augmenté les taxes générales sur les jeux d’argent tout en exemptant les courses de chevaux, modèle que, selon eux, « la Suède devrait suivre. »
BOS a répliqué que « une telle initiative hypothétique de la Suède serait incohérente avec le principal objectif de notre politique de jeu ». Le gouvernement stipule cet objectif en affirmant : « Les conséquences négatives du jeu doivent être réduites » et « Le jeu d’argent devrait être couvert par une forte protection des consommateurs. »
Au cœur de l’argumentation de BOS se trouve la question de la canalisation — la part des jeux d’argent qui se déroule au sein du marché suédois sous licence. L’organisme professionnel avertit que le taux global de canalisation du pays est tombé bien en dessous de son objectif de 90%, oscillant actuellement autour de 85%, avec de fortes disparités selon les types de produits.
Alors que les paris maintiennent un taux de canalisation élevé de 92–96%, et que les paris hippiques atteignent 98–99%, le segment des casinos en ligne accuse un retard considérable avec un taux compris entre 72–82%, note BOS.
« Le niveau du taux d’imposition n’est pas le seul aspect influençant le choix des consommateurs de jouer sur le marché sous licence ou en dehors de celui-ci », indique la lettre. « Mais c’est une variable critique, particulièrement pour les joueurs à fort volume, car le taux d’imposition influence directement le prix du produit de jeu. »
Le débat sur une potentielle réforme fiscale en Suède intervient dans un contexte où les gouvernements européens évaluent et modifient leurs politiques fiscales pour les jeux d’argent afin de trouver un équilibre entre les recettes publiques et la protection des consommateurs. Les récents changements au Royaume-Uni, par exemple, ont montré qu’il est possible d’augmenter les taxes tout en maintenant certaines exemptions stratégiques pour soutenir des secteurs spécifiques comme les courses de chevaux.
Cependant, du côté opposé, certains experts soulignent que maintenir des taxes basses pourrait encourager plus d’opérateurs à travailler dans le cadre légal, augmentant ainsi les revenus globaux grâce à une plus grande participation. « Il est nécessaire de bien peser les conséquences de telles réformes », affirment-ils. « Une taxation trop élevée risque de pousser les joueurs vers des plateformes non réglementées, ce qui va à l’encontre de l’objectif de protection des consommateurs. »
Ainsi, la Suède pourrait se retrouver face à un dilemme similaire à celui du Royaume-Uni, avec des débats intenses entre ceux qui prônent des réformes fiscales pour générer plus de revenus et ceux qui plaident pour des politiques favorisant la croissance durable du marché régulé.
Alors que 2026 s’annonce comme une année de débats animés, les décideurs suédois devront naviguer avec prudence pour éviter des perturbations majeures tout en veillant à ce que les objectifs de leur politique de jeu soient atteints.
