Conflit Juridique sur les Jeux d’Argent : L’Odyssée entre l’Autriche et Malte Continue

En 2026, le conflit juridique de longue date entre l’Autriche et Malte concernant le secteur des jeux d’argent en ligne ne montre aucun signe de résolution. Ce différend, qui a débuté en 2004, implique des réclamations de clients autrichiens contre des licences de jeu maltaises en ligne, et a vu une récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) être rejetée par les parties concernées.

Malte continue de considérer ces réclamations et les décisions qui en découlent comme une atteinte directe à la souveraineté de sa loi sur les jeux et à la gouvernance de l’Autorité des jeux de Malte (MGA) sur les licences de jeux en ligne. Pendant ce temps, l’Autriche tarde à moderniser son cadre réglementaire de jeux d’argent, ce qui est essentiel pour mettre fin à l’exclusivité des monopoles d’État en ligne.

Christian Rapani, avocat chez Rechtsanwalt Law, décrit cette situation comme un « labyrinthe juridique » complexe où de nombreux intérêts politiques et commerciaux s’entremêlent. Il souligne que ce conflit dépasse les simples réclamations contractuelles et touche des questions plus vastes telles que l’autonomie des États, la protection des joueurs et les lois sur le blanchiment d’argent.

Rapani explique que le litige a commencé avec une réclamation « typique de joueur » en Autriche, où des clients ont affirmé que les opérateurs licenciés à Malte offraient des services sans autorisation autrichienne, rendant ainsi les contrats nuls et permettant aux joueurs de récupérer leurs pertes. Les opérateurs ont répliqué en s’appuyant sur la liberté de fournir des services au sein de l’UE, arguant que le monopole autrichien violait le droit européen.

En 2016, les plus hautes cours d’Autriche ont confirmé que le monopole était conforme aux principes de l’UE, ce qui a entraîné une augmentation des réclamations structurées. Cela a marqué un tournant dans le paysage juridique, passant de simples réclamations civiles à des discussions plus larges sur la responsabilité impliquant des tiers.

La décision récente de la CJUE dans l’affaire WUNNER a clarifié que, dans les affaires délictuelles, la loi applicable devrait être déterminée par le lieu de résidence habituel du joueur, renforçant ainsi la position des réclamants autrichiens. Cependant, cette décision ne résout pas le conflit politique et réglementaire sous-jacent entre les systèmes de monopole et les services transfrontaliers.

Selon Rapani, la loi maltaise Article 56A, connue sous le nom de Bill 55, qui bloque l’application de certains jugements étrangers sur les jeux d’argent à Malte, ne fait que codifier une politique publique existante pour protéger son cadre réglementaire. Cette confrontation met en lumière le manque d’harmonisation des cadres de jeux d’argent en Europe.

En Autriche, qui reste l’une des dernières juridictions à monopole de l’UE pour les jeux de hasard en ligne, le débat sur la réforme s’intensifie alors que les licences majeures sont sur le point d’expirer en 2027. Rapani note que de nombreux acteurs reconnaissent que continuer avec le modèle actuel pourrait ne pas être viable.

Si l’Autriche adoptait un système de licences compétitif, cela pourrait changer la posture défensive de Malte. En réduisant les tensions réglementaires sous-jacentes et en intégrant les opérateurs transfrontaliers dans un régime domestique structuré, le besoin de mesures défensives pourrait également diminuer.

Le conflit reste donc non résolu, et il est perçu moins comme un drame judiciaire que comme une réévaluation politique. L’évolution de cette saga pourrait dépendre de la prochaine décision de Vienne plutôt que de celles de Luxembourg, Bruxelles ou La Valette. Tout comme Ulysse, l’Autriche et Malte pourraient un jour trouver la paix après vingt ans de péripéties.

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