Début février 2026, la Grèce a annoncé une mesure inédite : rendre les joueurs pénalement responsables dans le cadre de sa lutte contre le marché noir des jeux d’argent. Cette décision a été révélée par Kyriakos Pierrakakis, le ministre de l’Économie nationale et des Finances, soulignant un problème persistant qui atteint une valeur de 1,6 milliard d’euros.
Le ministre Pierrakakis a exposé le problème aux législateurs, révélant que l’économie grecque perd au moins 500 millions d’euros par an à cause de ce marché parallèle. Selon lui, « ce n’est pas simplement un détournement de ressources publiques, mais un problème social profond qui exige une réponse moderne et inflexible ».
En 2024, des données alarmantes ont révélé qu’environ 390 000 personnes jouaient en ligne via des appareils mobiles ou des ordinateurs, 215 000 participaient à des jeux dans des lieux physiques comme des clubs et des cybercafés, et 194 000 utilisaient les deux canaux. Le gouvernement se concentre notamment sur le groupe démographique des 18-34 ans, qui représente plus d’un quart des participants à des jeux non réglementés.
En plus de viser les joueurs, le gouvernement entend adopter une approche de tolérance zéro envers les opérateurs du marché noir par le biais d’un nouveau décret public que Pierrakakis devrait publier au cours du premier semestre de 2026. Les organisateurs de jeux illégaux risqueront des peines de prison allant jusqu’à dix ans et des amendes de 50 000 à 100 000 euros. Les circonstances aggravantes telles que les récidives, l’implication de mineurs ou la réouverture de locaux clôturés entraîneront une action répressive accrue.
Les municipalités se verront attribuer plus de pouvoirs pour révoquer les licences d’exploitation liées au jeu illégal. De plus, la Commission hellénique de supervision et de contrôle des jeux (EEEP), le régulateur des jeux en Grèce, bénéficiera d’une autorité d’enquête élargie et de mécanismes d’application renforcés.
Ces efforts législatifs s’ajoutent aux actions déjà entreprises par l’EEEP pour limiter le marché noir, après que le régulateur a lancé une équipe spéciale en juillet dernier pour « combattre le fléau » des réseaux de jeux d’argent illégaux. En parallèle, le gouvernement grec a fait appel à la technologie pour renforcer ses efforts, en utilisant l’intelligence artificielle pour alimenter un système de surveillance numérique en temps réel. Ce système permet de vérifier les données des utilisateurs, l’activité des plateformes et les flux financiers, en coopération avec la Banque de Grèce, ainsi que des mécanismes de filtrage DNS pour bloquer l’accès aux plateformes de jeux non autorisées.
Cependant, certains observateurs se montrent sceptiques quant à l’efficacité de cette approche. Ils soulignent que les joueurs et les opérateurs pourraient simplement trouver des moyens de contourner ces mesures, comme cela a été observé dans d’autres pays. Selon eux, une meilleure éducation et une sensibilisation accrue aux risques du jeu illégal pourraient être des outils plus efficaces à long terme.
Dans ce contexte, la Grèce se trouve à la croisée des chemins : d’un côté, une volonté de réprimer fermement les activités illégales, et de l’autre, la nécessité de ne pas étouffer le secteur légal du jeu, qui reste une source importante de revenus pour l’État. L’équilibre à trouver entre répression et encouragement d’un marché régulé sera crucial pour la réussite de cette initiative.
Alors que la Grèce s’engage dans ce combat complexe, il reste à voir si les nouvelles mesures parviendront à réduire efficacement l’ampleur du marché noir. Dans un secteur où la réactivité et l’adaptabilité sont des atouts majeurs, seuls le temps et la mise en œuvre rigoureuse de ces politiques révéleront leur véritable impact.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
