La CJUE ordonne à Malte de se conformer aux gels de comptes et de rejeter le projet de loi 55

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a récemment rendu une décision préliminaire qui accentue la pression contre l’application de l’Article 56A, un texte juridique utilisé par les tribunaux maltais pour refuser de se plier aux décisions étrangères concernant les entreprises de jeux en ligne domicilées à Malte.

En 2021, la CJUE a statué sur un différend impliquant Mr Green, une société titulaire d’une licence maltaise condamnée par les tribunaux autrichiens à rembourser un client national pour ses pertes. Mr Green avait refusé d’obtempérer à cet ordre. Après l’épuisement des procédures internes, en 2024, le plaignant a demandé aux tribunaux autrichiens d’examiner l’utilisation d’un Ordre de Conservation des Comptes Européens (EAPO) sur les fonds de Mr Green en Irlande, au Luxembourg et en Suède. Cet ordre est décrit comme un mécanisme légal permettant aux créanciers de geler les fonds bancaires d’un débiteur dans différents États membres de l’UE via une seule demande.

Désormais, la CJUE a statué que les tribunaux autrichiens peuvent tenir compte de l’Article 56A, anciennement connu sous le nom de projet de loi 55 et appliqué depuis 2023, pour limiter la responsabilité étrangère des opérateurs licenciés à Malte lorsqu’ils prennent une décision. La décision permet également aux tribunaux autrichiens de considérer les actions antérieures du débiteur, notamment la rupture de Mr Green avec son fournisseur de services de paiement autrichien après la décision de 2021.

Cette décision renforce la position de la CJUE selon laquelle l’Article 56A ne peut être utilisé par Malte pour protéger ses licenciés des poursuites des tribunaux à travers l’UE. Les affaires impliquant des joueurs d’Autriche et d’Allemagne, qui cherchent à récupérer des fonds dépensés sur des plateformes de jeux sous licence maltaise selon les lois de leurs pays respectifs, sont actuellement en cours.

Les procédures de la CJUE concernant l’application par Malte de l’Article 56A se retournent de plus en plus contre la juridiction maltaise, Malte ayant été déboutée dans des jugements liés aux litiges de joueurs, notamment dans le cas Wunner (Autriche). Dans les cas où l’Article 56A a été invoqué par les tribunaux maltais, la CJUE a statué que les lois nationales du pays de résidence des joueurs au moment des dépenses priment sur la législation maltaise.

Ce jugement, associé à la détermination de la CJUE selon laquelle le projet de loi 55 peut être pris en compte lors de l’utilisation d’EAPO pour cibler les entreprises basées à Malte, menace davantage les protections que les règles maltaises offrent à ses licenciés.

Un analyste du secteur a observé que cette décision pourrait avoir des répercussions sur la manière dont Malte gère ses affaires de jeux en ligne et l’attractivité de sa réglementation. « Il semble que les jours où Malte pouvait isoler ses opérateurs des décisions juridiques étrangères touchent à leur fin, » a-t-il remarqué, soulignant que la juridiction pourrait être forcée de repenser sa stratégie pour rester compétitive.

Cependant, certains experts en droit européen estiment que Malte pourrait encore trouver des moyens de réagir à ces défis. L’un d’eux a suggéré que Malte pourrait renforcer ses procédures de conformité interne pour mieux protéger ses opérateurs tout en respectant les obligations européennes. « La situation n’est pas désespérée pour Malte. Le pays doit simplement s’adapter aux nouvelles réalités juridiques tout en veillant à maintenir une industrie du jeu solide et régulée, » a-t-il ajouté, offrant ainsi un point de vue nuancé sur l’issue des débats en cours.

La décision de la CJUE envoie un message clair à l’industrie du jeu en ligne que l’application des lois nationales et des règlements de l’UE doit être respectée, indépendamment des législations spécifiques d’un État membre. Les entreprises opérant sur le marché européen devront ainsi évaluer attentivement leur stratégie de conformité et anticiper de possibles litiges au sein de l’Union.

Dans ce contexte, la question qui se pose est de savoir si d’autres juridictions suivront l’exemple de l’Autriche, exerçant ainsi une pression accrue sur Malte pour qu’elle réforme son cadre législatif. Les observateurs du secteur s’attendent à ce que cette affaire établisse un précédent qui pourrait influencer les décisions futures concernant le statut des jeux en ligne dans l’UE.

Rejoignez notre chaîne Telegram pour recevoir des codes bonus exclusifs chaque semaine ! Restez à l'affût des dernières offres. Rejoignez-nous dès maintenant !

Telegram Icon Rejoignez maintenant ×