Les récents développements dans les décisions de licences prises par les régulateurs de jeux en Gabon et en Zambie illustrent la trajectoire continue de l’industrie sur le continent africain. Le 7 juillet, la Loterie Nationale Gabonaise (GDJ) entame une refonte majeure de son cadre réglementaire, invitant les opérateurs tiers souhaitant entrer sur le marché gabonais à déposer une demande pour une nouvelle licence. Cette mesure symbolise une volonté de moderniser le secteur des jeux de hasard dans le pays et d’assurer une meilleure protection à la fois pour l’État et les utilisateurs.
Le GDJ, qui détient le monopole sur les divertissements, les jeux de hasard et les jeux de chance au Gabon, cherche désormais à mettre en place une procédure de sélection qu’il qualifie de « transparente, équitable et rigoureuse » pour choisir de nouveaux partenaires de licence. Actuellement, l’industrie réglementée au Gabon se limite aux opérations terrestres, mais l’ouverture à davantage d’investissements tiers pourrait mener à une réévaluation de l’intégration des jeux en ligne dans les réglementations actuelles.
Pendant ce temps, en Zambie, l’Association des Jeux de Zambie (ZGA) a lancé un ultimatum aux titulaires de licences afin de résoudre les problèmes de non-conformité aux lois sur les jeux. Ceci s’inscrit dans un cadre d’inspections continues des sociétés de paris et de jeux à travers le pays, exacerbées par la croissance numérique et l’augmentation de la connectivité mobile. Noah Malungila, président de la ZGA, a expliqué à la presse locale que le régulateur a été alerté sur un niveau élevé de non-conformité aux réglementations zambiennes, ce qui rend nécessaire des inspections renforcées.
Ces inspections seront menées avec l’aide de la Commission de Lutte contre la Drogue de Zambie (DEC), du Département de l’Immigration et des conseils locaux. Malungila a déclaré : « L’autorité a pris conscience de nombreux problèmes négatifs dans la façon dont cette activité est conduite dans le pays. De plus, ces problèmes sont aggravés par l’évasion fiscale, où la conformité n’est pas respectée. » Environ 85 opérateurs sont actuellement licenciés en Zambie, répartis entre les secteurs de jeux terrestres et en ligne.
L’analyse d’iGaming Expert souligne que ces mesures représentent un tournant pour le marché africain, qui gagne en vitesse vers une conformité accrue alors que la popularité du secteur continue de croître. Le timing de cette application est également crucial, car la pénétration mobile ne cesse d’augmenter, et l’accès aux jeux en ligne atteint un carrefour transformateur.
Dmitry Staroctenkov, PDG d’EvenBet Gaming, a précédemment exprimé son enthousiasme quant à la croissance de l’utilisation mobile pour l’espace des casinos en ligne. Il a affirmé : « Il y a dix ans, les jeux en ligne en Afrique semblaient impossibles, et maintenant, cela est devenu une réalité et offre un potentiel solide. Quand on considère la technologie et la connexion du continent, il y a des limites notables. Cependant, je ne pense pas que quiconque puisse sous-estimer l’importance d’une toute nouvelle région avec une population de 1,4 milliard d’ajouts sur la carte iGaming en seulement quelques années. »
Un aspect du débat, cependant, réside dans la difficulté de concilier cette expansion rapide avec les infrastructures existantes. Les défis logistiques et les questions de réglementation pourraient freiner le rythme de développement que de nombreux observateurs prévoient. Certains experts soulignent aussi que l’accent mis sur la conformité est essentiel pour garantir un développement durable et une crédibilité internationale des marchés de jeux africains. D’autres pointent que le potentiel est immense, mais qu’il nécessitera des investissements considérables en matière de formation et de technologie pour réaliser cette vision.
En réponse aux préoccupations, certains acteurs de l’industrie plaident pour une approche plus équilibrée qui tiendrait compte des besoins économiques et culturels spécifiques de chaque pays. Tandis que certains pays africains embrassent la technologie numérique comme un moteur de croissance, d’autres pourraient exiger des stratégies sur mesure pour adapter le cadre réglementaire aux réalités locales.
À mesure que l’Afrique continue de s’imposer comme un nouvel acteur prometteur du marché mondial des jeux, la manière dont les pays gèrent les défis croissants de l’expansion réglementaire et technologique déterminera probablement leur succès à long terme. Les décisions prises aujourd’hui par les régulateurs en Gabon et en Zambie pourraient bien servir de modèles pour d’autres pays du continent cherchant à capitaliser sur cette tendance florissante.
