En mars 2026, le gouvernement turc dirigé par le Parti de la justice et du développement (AKP) a souligné sa détermination à éradiquer le jeu illégal. Le nouveau ministre de la Justice, Akın Gürlek, a communiqué directement cette intention à toutes les autorités d’État turques, insistant sur le fait que chaque département est responsable de renforcer les mesures contre les opérateurs illicites.
La nomination de Gürlek à ce poste fait suite à un remaniement par le Président Recep Tayyip Erdoğan en février, qui a remplacé l’ancien ministre Yılmaz Tunç. Chargé autrefois des fonctions de Procureur en chef à Istanbul, Gürlek s’est maintenant engagé à poursuivre les opérateurs non autorisés de jeux d’argent.
Depuis l’arrivée de Gürlek, le ministère a demandé aux procureurs turcs de tenir des réunions de coordination au moins tous les six mois avec les unités d’application de la loi et les agents de l’Unité d’enquête sur les crimes financiers (MASAK). « Ces rencontres visent à traiter les pratiques et les problèmes rencontrés dans les processus d’enquête et de poursuite liés aux crimes de paris et jeux d’argent illégaux, » souligne Gürlek. Le ministère cherche à collecter des preuves à la source et à identifier les opérateurs ciblant les communautés locales. L’amélioration de l’échange d’informations et des mécanismes de coordination entre les institutions est cruciale pour rendre les enquêtes plus efficaces.
MASAK joue le rôle de gardien financier, surveillant les transactions en ligne suspectes et partageant des renseignements avec les procureurs pour soutenir les procédures pénales. Le gouvernement turc, dans le cadre du 11ème paquet judiciaire autorisé par Erdoğan fin 2025, introduira des changements législatifs en 2026 pour infliger des peines plus sévères aux contrevenants, incluant des peines d’emprisonnement et des amendes financières. Cela permettra également à la Turquie de poursuivre les entreprises étrangères qui facilitent le jeu illégal.
La lutte contre le jeu illégal est aussi soutenue par la communauté religieuse turque. Diyanet, la Présidence des affaires religieuses, a fortement mis en garde contre les risques auxquels les jeunes sont exposés du fait des plateformes de paris numériques. Les bénéfices du jeu, selon Diyanet, vont à l’encontre des principes islamiques de revenus licites. « Tous les gains mal acquis sont interdits dans notre religion, » rappelle İhsan Çapcıoğlu de Diyanet.
Les partis d’opposition, notamment le Parti républicain du peuple (CHP), critiquent les récentes mesures du gouvernement AKP. L’opposition considère que la nomination de Gürlek constitue une menace directe contre les critiques d’Erdoğan. En 2025, Gürlek, alors procureur en chef d’Istanbul, a supervisé l’arrestation d’Ekrem İmamoğlu, déclenchant des manifestations massives. Le CHP accuse Erdoğan d’utiliser la répression contre le jeu illégal comme prétexte pour étendre la surveillance des opposants politiques à l’approche des prochaines élections.
Ces élections sont perçues comme un jugement crucial pour Erdoğan, qui aspire à un quatrième mandat présidentiel. La stratégie adoptée par le gouvernement pour lutter contre le jeu illégal met en lumière la complexité des enjeux politiques et sociaux en Turquie. Dans un contexte où la sphère politique se mêle aux considérations religieuses, les décisions de justice deviennent un terrain de confrontation entre le pouvoir en place et ses adversaires.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
