Le 29 juillet 2026, le Ministère des Finances de la Serbie, dirigé par Novica Vuković, a vigoureusement réagi contre les projets visant à renforcer les lois sur le placement des nouveaux lieux de paris. Deux députés du Parti de la Démocratie Serbe (NSD), Vaso Obradović et Milica Rondović, ont proposé une législation qui obligerait un minimum de 80 mètres entre les nouvelles installations de jeux.
Les députés ont soutenu que cette règle était nécessaire pour réduire les impacts négatifs du jeu en assurant une diminution à moyen terme du nombre de lieux de paris. Cependant, Vuković a exhorté ses collègues à ne pas appuyer ces propositions, affirmant qu’elles empêcheraient l’ouverture de nouveaux établissements mais n’auraient que peu d’effet sur la densité des lieux de jeu, les établissements existants demeurant en place.
Un communiqué du Ministère des Finances, rapporté par Vijesti, a soutenu que les amendements proposés violent le principe du traitement égal de tous les participants du marché. Selon le ministère, ces changements favoriseraient les acteurs déjà présents sur le marché plutôt que de diminuer la concentration des lieux de jeux. « Les installations existantes qui ne respectent pas la nouvelle exigence continueraient à fonctionner sans obligation de conformité, tandis que la restriction s’appliquerait exclusivement aux nouvelles succursales. Une telle solution ne réduit ni le nombre de points de paris ni ne change la concentration existante des installations. »
Le Ministère a également souligné que la législation actuelle, établie en août 2025, a déjà l’effet escompté de réduire le nombre de lieux de jeu, entraînant la saisie de machines à sous illégales et des sanctions pour la publicité non conforme. Selon l’Administration des jeux de hasard de Serbie, il y a actuellement 50 établissements détenant des licences pour accueillir des machines à sous, contre un pic de 61 en 2024. Par ailleurs, le nombre de points de paris physiques oscille entre 18 et 20 depuis 2018, et deux casinos sont en opération.
De plus, le Ministère a précisé que des amendements aux lois sur les jeux de hasard sont en cours d’évaluation par le parlement serbe pour renforcer les lois contre le jeu illégal. « L’objectif du Ministère des Finances n’est pas d’introduire des mesures qui créent des participants privilégiés au marché, mais plutôt de combler les lacunes de l’économie parallèle, de renforcer les mécanismes de contrôle et de créer des conditions égales pour tous ceux qui opèrent conformément à la loi, » a ajouté le département.
Cette proposition de réforme des lois sur le jeu s’inscrit dans un contexte économique où le jeu représente une part significative des revenus de l’État, tout en posant des défis sociaux et économiques. Certains experts soulignent que réduire la concentration des lieux de paris pourrait potentiellement diminuer les rentrées fiscales liées au secteur, une considération particulièrement importante dans une économie émergente comme celle de la Serbie.
En revanche, d’autres estiment que la régulation plus stricte des jeux de hasard est une étape nécessaire pour protéger les communautés et réduire les problèmes liés à l’addiction au jeu. Ces voix critiques affirment qu’une politique plus rigoureuse pourrait encourager des pratiques de jeu plus responsables et à long terme, bénéficier à la société dans son ensemble.
Les législateurs se retrouvent donc devant un dilemme : adopter des mesures qui pourraient immédiatement restreindre la croissance du nombre de lieux de paris, ou bien travailler à une approche plus équilibrée qui prendrait en compte à la fois l’économie et le bien-être social. Les discussions se poursuivent au parlement, où l’impact de ces décisions sera scruté de près par les divers acteurs de l’industrie et les observateurs du marché.
