Le 23 mars, Google va renforcer ses exigences pour les publicités de jeux d’argent, rendant l’obtention d’une certification plus rigoureuse pour pouvoir annoncer sur sa plateforme. Désormais, les sites hébergés sur des services de sites web gratuits ou utilisant un sous-domaine dont le domaine racine est une plateforme tierce comme wordpress.com ou wixsite.com ne pourront plus obtenir de certification. De plus, les demandeurs de certification devront posséder la partie principale de l’adresse d’un site web, connue sous le nom de domaine de second niveau. Les sites sans réelle association avec les jeux d’argent se verront aussi refuser la certification.
Ces nouvelles exigences de la politique de Google sur les jeux d’argent et les jeux représentent les changements les plus significatifs depuis que l’entreprise a élargi ses restrictions sur les publicités de jeux d’argent hors ligne à 35 pays. Par ailleurs, Google a introduit des changements spécifiques à certains pays pour refléter les dernières mises à jour des cadres réglementaires. Récemment, Google a confirmé qu’il ajusterait sa politique publicitaire pour l’Inde suite à l’interdiction des jeux d’argent en ligne dans le pays.
En prenant de telles mesures significatives, Google cherche à garantir que les sites de jeux d’argent sont gérés par les annonceurs eux-mêmes, réduisant ainsi le risque d’escroqueries et de publicités trompeuses qui pourraient gagner en visibilité sur ses plateformes. Alors que les géants technologiques comme Google et Meta continuent de faire face à une surveillance accrue concernant la prolifération des publicités pour les opérateurs illicites, l’action de Google est perçue comme un pas important vers la lutte contre les promotions illégales.
Plus tôt cette semaine, Tim Miller, directeur général de la UK Gambling Commission, a accusé des entreprises comme Meta d’être complaisantes face aux publicités pour des opérateurs non affiliés au programme d’auto-exclusion du Royaume-Uni, GamStop. Lors d’une conférence à ICE Barcelone, il a déclaré que des entreprises comme Meta prétendent ne pas tolérer la publicité de sites illégaux et les supprimer si elles en sont informées, mais cette approche suggère qu’elles ne connaissent pas ces publicités sans alerte préalable. C’est tout simplement faux, a-t-il ajouté. Il serait très surprenant que Meta, l’une des plus grandes entreprises technologiques au monde, ne soit pas capable d’utiliser de manière proactive sa propre installation de mots-clés pour prévenir la publicité de jeux d’argent illégaux.
Auparavant, Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, avait été accusée de tirer profit de telles publicités après qu’une enquête de Reuters ait révélé que l’entreprise prévoyait en interne que 10% de ses revenus annuels totaux pour 2024, soit environ 16 milliards de dollars, proviendraient de la diffusion de publicités pour des escroqueries et des biens interdits. Des documents divulgués, vus par Reuters, ont montré qu’au cours des trois dernières années, Meta n’avait pas réussi à identifier et à arrêter un flot de publicités qui exposaient des milliards d’utilisateurs sur Facebook, Instagram et WhatsApp à des « stratégies de commerce électronique frauduleuses », à des « casinos en ligne illégaux » et à la vente de produits médicaux interdits.
Un porte-parole de Meta a répondu à iGaming Expert que le rapport présentait une « vue sélective qui déforme l’approche de Meta concernant la fraude et les escroqueries ». Bien que la décision de Google de durcir son approche envers les opérateurs potentiellement illégaux puisse contribuer à freiner le flot de publicités pour le secteur non réglementé, une simple recherche Google pour des casinos non GamStop fait apparaître une multitude de sites affiliés offrant des guides pour ces opérateurs, démontrant le chemin que Google doit encore parcourir dans la lutte contre les promotions illégales.
