Le 14 mars 2026, la législation sur l’iGaming en Virginie s’est arrêtée brutalement, malgré un soutien massif des législateurs des deux chambres de l’état. Cette décision a laissé de nombreux acteurs du secteur dans l’incertitude quant à l’avenir de l’iGaming dans cet État.
Deux projets de loi, la House Bill 161 et la Senate Bill 118, visaient à légaliser les casinos en ligne en Virginie, ce qui aurait fait de l’État le neuvième aux États-Unis à légaliser l’iGaming, rejoignant ainsi le Connecticut, le Delaware, le Maine, le Michigan, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Rhode Island et la Virginie-Occidentale. Cependant, aucun accord n’a pu être conclu entre le Sénat et la Chambre des Délégués avant la fin de la session législative.
Le projet de loi SB 118 a été approuvé au Sénat par 19 voix contre 17, tandis que le HB 161 a été adopté à la Chambre par 67 voix contre 30. Bien que les deux projets de loi aient des similitudes, notamment en ce qui concerne la légalisation des casinos en ligne, ils différaient sur plusieurs points cruciaux, y compris l’affectation des recettes fiscales. Des conférenciers ont été désignés pour tenter de résoudre ces divergences, mais aucun accord n’a été atteint avant la fin de la session législative.
En conséquence, les parties prenantes de l’iGaming devront patienter jusqu’à l’année prochaine pour voir si ce secteur sera finalement réglementé en Virginie. Selon le HB 161, jusqu’à 15 plateformes d’iGaming auraient pu voir le jour en Virginie grâce à la possibilité pour chacun des cinq casinos terrestres existants de lancer trois casinos en ligne chacun. Ces casinos sont exploités par Caesars Entertainment, Rush Street Gaming, Hard Rock International, Boyd Gaming et Cordish Companies’ Live! Casino.
Pour entrer sur le marché, une redevance de licence de 500 000 dollars aurait été nécessaire, en plus d’une redevance de plateforme de 2 millions de dollars. Une taxe de 15 % aurait été imposée sur le revenu brut des jeux des opérateurs et sur le revenu brut ajusté des plateformes, et la Virginia Lottery aurait été le régulateur du marché.
Le projet comportait également la création d’un Internet Gaming Hold Harmless Fund, destiné à recevoir 6 % de toutes les recettes fiscales pour compenser les pertes de revenus des opérateurs terrestres attribuées à l’iGaming. La création de studios de croupiers en direct basés en Virginie faisait également partie du projet de loi.
En outre, le projet de loi aurait servi de législation interdisant les jeux de loterie en ligne, car toute entreprise offrant un jeu de loterie aurait enfreint la loi et serait passible de sanctions, à moins qu’elle ne soit licenciée en tant qu’opérateur d’iGaming.
Pendant ce temps, l’industrie de l’iGaming doit désormais se tourner vers le nord, vers le Canada, où l’Alberta est sur le point de lancer son marché iGaming en 2026, bien qu’une date de lancement pour la province canadienne ne soit pas encore déterminée.
Alors que certains analystes soutiennent que le blocage pourrait donner aux législateurs un délai nécessaire pour affiner et perfectionner un cadre réglementaire, d’autres estiment que la Virginie manque une occasion précieuse d’augmenter ses recettes fiscales à un moment où de nombreux États cherchent à diversifier leurs sources de revenus. « L’attente est non seulement frustrante mais potentiellement coûteuse », aurait noté un observateur attentif du marché.
En revanche, quelques critiques de la législation sur l’iGaming soulignent les risques potentiels d’une légalisation rapide sans une structure de surveillance robuste, craignant que cela ne conduise à des problèmes sociaux, comme la dépendance au jeu. « Il est crucial de prendre le temps d’élaborer des règles qui protègent les consommateurs tout en permettant au marché de prospérer », font-ils valoir.
Cette interruption de la législation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les États tentant de naviguer dans le paysage complexe de l’iGaming. L’évolution du marché américain de l’iGaming sera à suivre de près, avec une attention particulière sur la Virginie au cours des prochaines années. Le potentiel de croissance du secteur reste élevé, mais il dépendra largement de la capacité de l’État à surmonter ces obstacles législatifs actuels.
