Le 7 avril 2026, l’Advertising Standards Authority (ASA) a critiqué Skill On Net pour une publicité payante sur Instagram mettant en scène un humoriste faisant un parallèle entre le jeu d’argent et les pistaches. Cette publicité concernait la marque de casino en marque blanche Gecko Play et montrait un comédien sur scène déclarant : « Jouer, c’est comme manger des pistaches : si vous en obtenez une bonne, vous en voulez une autre ; si vous en avez une mauvaise, vous en voulez encore plus une bonne », suscitant les rires de l’audience.
La vidéo comportait un logo GambleAware et un signe 18+ en bas, accompagnés du texte « Le jeu peut être addictif, jouez de manière responsable » et du hashtag #AD dans le coin inférieur droit. Deux plaintes ont été déposées auprès de l’ASA, remettant en question le fait que cette publicité encourageait un comportement de jeu socialement irresponsable.
Skill On Net a défendu que les comparaisons faites entre le jeu et les pistaches avaient pour but d’être de l’humour léger et d’observation, concernant la variabilité et l’imprévisibilité des résultats. L’opérateur a ajouté que la publicité n’était pas censée encourager le jeu persistant, ni suggérer que les individus devraient continuer à jouer pour récupérer leurs pertes. Elle ne faisait pas non plus référence à des pertes financières, à l’augmentation des mises, à un jeu sans risque ou à une participation excessive.
Cependant, reconnaissant que la publicité pouvait être interprétée différemment et enfreindre le code CAP, Skill On Net a retiré la publicité et mis à jour ses directives marketing internes suite à la plainte. L’ASA a répondu que l’annonce enfreignait le Code CAP car elle banalisait le jeu après une perte, au lieu d’encourager les clients à jouer de manière responsable.
Cette conclusion a été atteinte malgré la présence du logo GambleAware et de l’avertissement 18+, car l’autorité a jugé que ces éléments n’altéraient pas l’impression globale de l’annonce, qui minimisait l’importance des jeux d’argent après des gains et des pertes. L’ASA a noté que la déclaration était susceptible d’être comprise par les consommateurs comme signifiant que le jeu était « compulsif et difficile à arrêter », tandis que la référence à vouloir « encore plus une bonne » après une « mauvaise » était probablement comprise comme une incitation à parier davantage pour obtenir un gain après des pertes.
L’ASA a poursuivi : « Nous avons donc considéré que l’annonce donnait l’impression que la décision de jouer, même face à des pertes, devait être prise à la légère et qu’elle encourageait ou approuvait la participation répétée ou fréquente au jeu, y compris après des pertes. Pour cette raison, nous avons conclu que l’annonce était susceptible d’encourager un comportement de jeu nuisible et enfreignait donc le Code. »
L’annonce a enfreint les règles du Code CAP (12ème édition) 16.1, 16.3 et 16.3.1 (Jeu). L’ASA a déclaré que la publicité ne devait plus apparaître sous la forme contestée et que les publicités futures ne devaient pas « représenter, approuver ou encourager un comportement de jeu socialement irresponsable ou pouvant entraîner des dommages financiers, sociaux ou émotionnels ».
Cette affaire soulève un débat sur la responsabilité sociale dans la publicité des jeux d’argent. D’un côté, les critiques estiment que toute banalisation du pari pourrait potentiellement porter atteinte aux personnes vulnérables, renforçant l’importance des règles strictes de publicité. De l’autre, certains dans l’industrie soulignent que l’humour et la créativité sont des outils essentiels pour capter l’attention dans un marché saturé, tant que cela reste dans un cadre responsable.
Dans un marché en constante évolution, où les régulateurs cherchent à protéger les consommateurs tout en permettant aux entreprises de prospérer, l’équilibre entre innovation et responsabilité reste crucial. La question reste ouverte : jusqu’où peut-on pousser la créativité sans entrer en contradiction avec les normes éthiques et réglementaires établies ?
