En mars 2026, la justice thaïlandaise a condamné une influenceuse des réseaux sociaux à une peine de prison pour avoir promu illégalement des jeux de hasard. Narumon « Mind », âgée de 24 ans et suivie par plus de 740 000 personnes sur Facebook, a utilisé ses stories pour faire la promotion d’un site de jeux de hasard, tout en publiant des vidéos de danse accompagnées de liens vers des plateformes de jeux.
Le tribunal du district de Don Mueang lui a infligé une peine de six mois, réduite à trois mois après qu’elle ait reconnu ses torts, avec une conversion en deux mois de détention. Cette décision judiciaire reflète la position stricte du pays face aux jeux de hasard illégaux. La Task Force cybernétique de la police thaïlandaise a enquêté sur ses activités et continue de démanteler le réseau de jeux d’argent en ligne promu par Narumon.
Le Major Général Siriwat Deephor a mis en garde les influenceurs contre la promotion de contenus liés aux jeux de hasard, affirmant que ceux qui s’y adonnent feraient l’objet d’une surveillance accrue par la cyber-police. En Thaïlande, presque toutes les formes de jeux de hasard sont illégales, à l’exception de la loterie nationale et des paris sur les courses hippiques dans les hippodromes agréés.
Le leader du pays, Anutin Charnvirakul, est un fervent opposant des jeux de hasard et a maintes fois affirmé que tant qu’il sera au pouvoir, il n’y aura pas de réformes pour une régulation accrue des jeux en Thaïlande. Sa position a été raffermie la semaine passée après que son parti, Bhumjaithai, ait remporté 191 sièges sur les 500 que compte le parlement thaïlandais, ce qui a abouti à sa réélection par le gouvernement de coalition formé.
Ce n’est pas la première fois que la justice thaïlandaise sévit contre des influenceurs liés aux jeux de hasard. L’année dernière, le même tribunal avait condamné une autre influenceuse, Aspara « Earn Earn », à trois ans de prison pour incitation à la participation à des jeux de hasard en ligne.
Ailleurs en Asie, les autorités philippines poursuivent leurs efforts pour cibler les influenceurs soupçonnés de collaborer avec des opérateurs de jeux illégaux. Plus tôt ce mois-ci, le Centre d’enquête et de coordination sur la cybercriminalité (CICC) des Philippines a déclaré qu’il visait dix influenceurs, en coordination avec PAGCOR, le régulateur du jeu philippin, et Digital Pinoys, un groupe de défense numérique soutenu par le gouvernement.
Les récentes communications du CICC font suite à des avertissements similaires adressés à un groupe de 30 influenceurs en novembre dernier. À ce moment-là, le sous-secrétaire du CICC, Renato Paraiso, avait déclaré que ces influenceurs pourraient être accusés de violations de la loi sur la prévention de la cybercriminalité de 2012, du décret présidentiel n° 1602 qui prévoit des sanctions plus sévères pour les jeux de hasard illégaux, et de l’article 315 du Code pénal révisé concernant l’escroquerie.
En cas de poursuite, ces influenceurs pourraient faire face à des amendes et à une potentielle peine d’emprisonnement en vertu des réglementations philippines sur la cybercriminalité et les jeux.
Cependant, certains observateurs suggèrent qu’une approche plus nuancée pourrait être bénéfique pour encadrer les jeux en ligne, permettant un potentiel de revenus significatif pour l’économie. Pour eux, une régulation et une taxation appropriées pourraient transformer cette industrie en une source de croissance économique, tout en protégeant les consommateurs. Pourtant, avec des gouvernements actuellement fermes sur le sujet, toute forme de légalisation semble peu probable à court terme.
