Le 5 mai 2026, le Royaume-Uni est sur le point de décider de la mise en œuvre de nouvelles évaluations financières pour les joueurs, un tournant majeur dans la régulation du secteur des jeux d’argent. Bien que la Commission des jeux de hasard du Royaume-Uni (UKGC) insiste sur le fait que ces évaluations ne sont pas des contrôles de solvabilité et sont censées s’intégrer sans friction dans le cadre du jeu responsable, elles suscitent de vives critiques.
Ces évaluations financières ont été initialement présentées dans le Livre blanc sur les jeux d’argent de 2023. Elles visent à détecter les joueurs financièrement vulnérables grâce à une évaluation effectuée par une agence de crédit lorsque certains seuils sont dépassés. Depuis septembre 2024, l’UKGC pilote un projet pour tester cette réforme, précisant que seulement 3 % des comptes actifs devraient franchir ces seuils. Les résultats de ces évaluations sont censés aider les opérateurs à garantir que les joueurs misent de manière responsable.
Cependant, l’opposition est forte. La British Horseracing Authority estime que l’industrie des paris pourrait perdre 900 millions de livres sterling par an, tandis que l’industrie des courses pourrait voir ses revenus chuter de 250 millions de livres sur cinq ans. Les critiques soulignent que ces évaluations, supposées sans friction, pourraient nécessiter des documents de la part des joueurs, ce que 65 % d’entre eux refuseraient de faire selon un sondage de YouGov. De plus, les résultats incohérents obtenus par les agences de crédit soulèvent des doutes quant à leur capacité à évaluer correctement la situation financière des joueurs.
Parmi les détracteurs, le Dr James Noyes, ancien défenseur des réformes, a exprimé ses préoccupations dans une lettre ouverte. Il souligne que certaines conditions essentielles, comme la création d’un médiateur indépendant pour les jeux d’argent, n’ont pas été satisfaites. Noyes affirme que le manque de supervision adéquate et les résultats incohérents du projet pilote posent problème.
L’UKGC défend ces évaluations, les considérant comme un outil supplémentaire pour protéger les joueurs en difficulté financière, en se basant sur des données montrant une prévalence accrue de plans de gestion de la dette parmi les participants au projet pilote. Elle insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de pousser les joueurs vers le marché noir, mais de soutenir un jeu durable.
Les implications pour les casinos en ligne et les paris sportifs sont significatives. Les évaluations ciblent les dépenses sur ces plateformes, et si les plus gros dépensiers se tournent vers le marché noir, les opérateurs pourraient perdre une part précieuse de leur clientèle.
D’autres pays européens, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, ont déjà mis en place des mesures similaires. En Allemagne, une limite de dépôt mensuelle de 1 000 € impose une preuve de solvabilité depuis juillet 2021. Aux Pays-Bas, une évaluation est requise pour des dépôts mensuels de 700 €, et 300 € pour les jeunes de 18 à 24 ans. Malgré ces mesures, le marché noir reste préoccupant, captant une part importante des dépenses de jeu.
Alors que l’UKGC se prépare à présenter les résultats de son étude pilote le 7 mai, aucune décision finale n’est encore prise. Toutefois, elle exprime sa confiance dans la capacité à mettre en œuvre ces évaluations de manière fluide, tout en restant consciente des risques d’une application trop rapide ou étendue.
Pour l’industrie, ces évaluations peuvent enrichir la protection des joueurs, mais elles doivent être réussies pour éviter de pousser les joueurs vers des options non régulées. La priorité est de s’assurer que le marché régulé reste attrayant pour éviter une migration vers le marché noir, mettant ainsi en péril les efforts de protection des joueurs.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
