En 2025, les activités de jeu illégal au Japon ont atteint des niveaux record, poussant les autorités à envisager toutes les options, y compris le blocage des sites web. Cette mesure est actuellement discutée par le Ministère des Affaires Intérieures et des Communications, rapporte The Japan News, et est reconnue comme un moyen efficace de réduire l’engagement avec les plateformes de jeu en ligne illégales.
Cependant, il subsiste des préoccupations selon lesquelles la mise en œuvre de ces mesures pourrait enfreindre la constitution japonaise, notamment en ce qui concerne le « secret des moyens de communication ». Le ministère estime donc que le blocage des sites web devrait être considéré comme une dernière option, en cas d’échec des autres mesures pour lutter contre le jeu en ligne.
La semaine dernière, l’Agence nationale de la police a rapporté avoir pris des mesures d’application contre 317 individus en 2025, un record depuis le début de la collecte de données en 2018. Parmi ces personnes, 221 ont été arrêtées en lien avec des casinos en ligne sur 158 affaires.
Le jeu en ligne est strictement interdit au Japon. Cependant, selon les estimations de l’Agence nationale de la police, 2 millions de personnes participent chaque année aux jeux en ligne, principalement en accédant à des sites à l’étranger. Les mises totales des joueurs sont estimées à plus de 1,24 billion de yens (5,76 milliards de livres sterling) par an.
Le blocage des sites web est-il inévitable ? Le groupe de travail analysant la mise en œuvre du blocage des sites a souligné que des critères clairs doivent être remplis avant qu’une telle mesure ne soit approuvée. Les règles doivent être jugées nécessaires et efficaces, démontrer un bénéfice social clair, et les spécificités du système de blocage doivent satisfaire le groupe de travail.
Compte tenu des inquiétudes concernant une telle atteinte par le gouvernement, qui exigerait que les fournisseurs de services Internet surveillent l’accès de tous les utilisateurs, le blocage des sites web a rarement été envisagé. Actuellement, de telles règles ne sont en place que pour empêcher l’accès aux sites de pornographie infantile.
Joji Shishido, professeur à l’Université de Tokyo spécialisé en droit constitutionnel, a expliqué au groupe de travail : « Le blocage des sites web est le dernier bouton à presser dans l’effort global pour éliminer les nuisances causées par les casinos en ligne. » Il a ajouté que si la mesure devait être mise en œuvre, le gouvernement devrait adopter une approche beaucoup plus sérieuse pour construire le système nécessaire.
L’année dernière, le gouvernement japonais a promulgué de nouvelles lois visant à combattre les jeux d’argent non autorisés en interdisant l’exploitation et l’utilisation de sites de jeux non autorisés, ainsi que leur promotion via des bannières publicitaires, des affiliés et des publications sur les réseaux sociaux. Le rapport a noté qu’un « certain degré d’efficacité a été observé » suite à ces efforts. Cependant, il est clair qu’il y a une demande pour des changements plus impactants, ce que le blocage des sites web pourrait fournir.
Pour certains experts, le blocage des sites pourrait être un outil nécessaire pour protéger les consommateurs et assainir les pratiques de l’industrie. Toutefois, un autre point de vue soulève l’inquiétude que de telles mesures puissent pousser les activités de jeu illégales à devenir encore plus clandestines, rendant le contrôle et la régulation encore plus difficiles.
En guise de compromis, il pourrait être envisagé de combiner le blocage des sites avec des campagnes éducatives et des initiatives de prévention visant à sensibiliser le public aux risques du jeu illégal. Il serait également essentiel de renforcer la coopération internationale pour s’attaquer aux sites de jeux situés à l’étranger, qui échappent à la réglementation japonaise.
En fin de compte, la question de savoir si le Japon recourra au blocage des sites web dépendra de l’efficacité des mesures actuelles et de la volonté politique de prendre des décisions audacieuses pour protéger ses citoyens. Les discussions se poursuivent, et une décision pourrait intervenir dans les mois à venir, alors que les autorités cherchent à équilibrer les droits constitutionnels et la nécessité de réprimer le jeu illégal.
